J 73 L’allaitement

Ce n’est pas aujourd’hui que j’en parlerai, si j’en parle un jour afin de partager mon expérience, car l’équilibre de la chose reste encore fragile et je ne me sens pas d’évoquer tout ça toute suite…

Je voulais juste partager ici une réflexion que je me suis faite l’autre jour.Lire la suite »

Publicités

J 71 Accrochez vos ceintures, l’atterrissage est imminent et présente quelques turbulences !

Mercredi, journée ordinaire de fin de grossesse. Jour de marché, on fait quelques courses pour la semaine. On « sait » que dans 4 jours, on approche du terme mais je vais tellement bien que je me projette déjà dans les J + quelques jours post DPA (on nous donne 5 jours avant de penser à déclencher). Ce qu’on « ne sais » pas, c’est que Nino va se retrouver sur les bras avec une quantité incroyable de fruits et légumes pour un régiment de végétarien !

Puis l’après midi, comme souvent depuis le début de ma grossesse, je sens bébé qui « pousse les murs ». Son dos s’arrondit et une partie de mon ventre devient tout dur, seulement une partie. Mes contractions ne ressembleront qu’à ça. Pas de ventre tout tout dur.
Après avoir pris un peu de spasfon quand même au cas où ça ne serait pas encore vraiment le moment, tout le monde au dodo. La nuit fût agitée, ces contractions sensations de ventre tout dur ne me quitteront pas de la nuit mais je n’arrive pas à en déterminer la fréquence. Nino dort mal, il me dit que j’ai gémit toute la nuit, moi je somnole et à 6h commence le début de ce qui aurait pu ressembler à un accouchement de manuel !

Après un petit pipi, je me recouche, me mouche et je sens quelque chose « couler ». Merde… je ne me suis pas fais pipi dessus quand même ? Je me relève, vais aux toilettes et m’aperçois que je perds le fameux bouchon muqueux qui pour certaines reste une légende. Il y a un petit filet de sang. Étant rhésus négatif et bébé positif, j’appelle les urgences afin d’être certaine de la démarche à suivre. Pas d’inquiétude à avoir, il faut attendre que les contractions s’intensifient et se rapprochent. La perte du bouchon muqueux peut avoir lieu même 1 semaine avant le début du travail !
Ok… Je retourne me coucher, mais je suis prise par une forme d’excitation. Je me tourne, me retourne, ne trouve pas le sommeil. La nuit a été dure pour Nino… Je décide d’aller sauver Hyrule !! (oui j’ai joué pas mal à Zelda ces derniers jours, je pensais avoir le temps de le finir :p ) « Bonne nuit Nino, repose toi, je vais jouer un peu » LOL !!
Je mets une serviette sous mes fesses « au cas où quand même on se sait jamais », lance le jeu, me mets en tailleur, tu la vois arriver la suite !?? BOUM !! Chutes du Niagara !! Je perds les eaux, bon ben le sommeil de Nino attendra et Hyrule avec !! Ce coup ci, plus de doutes, il faut partir à la maternité !

Le temps de prendre une douche, de perdre en plus les chutes de Montmorency et de prendre un petit dèj, la journée risque d’être longue et Souris m’avait recommandé de manger un plat de pâtes avant le marathon, même s’il m’est déjà arrivé de manger des sardines et du camembert à 4h du mat’, je bossais de nuit alors, je me contente de mon bol de lait et de céréales et nous partons à bord d’un Uber.

Cet épisode vaut à lui seul un paragraphe !
Pas habitués à ce genre de transport, nous ne savions pas qu’il y avait 2 sortes de Uber, le pool et le x, dans le premier cas, le conducteur est susceptible de prendre des passagers sur le chemin, dans le 2 ème, c’est comme pour une course de taxi lambda. Nous voyons donc arriver notre carrosse avec à son bord une jeune femme qui était la sœur jumelle de Jean-Claude Van Damme avec un franglais parfait ! Elle commence à râler car nous sommes 3 à l’arrière du véhicule et il est vrai que je prends un peu de place…
« Non mais j’espère qu’on va pas prendre d’autres personnes là, parce que moi j’ai un shooting photo et je suis en retard ! » Et moi qui hurle dans ma tête lance d’une petite voix : « ben moi je suis en train d’accoucher en fait, donc si on pouvait ne pas traîner ça m’arrangerait aussi ». Elle en rajoute : « non mais comprenez quoi, je suis hyper à la bourre et j’ai mon make up à faire !! » ok, on met en place les conseils de l’hapto, on fait un câlin à son bébé et on fait abstraction des autres en faisant sien l’environnement !

Arrivés aux urgences, prise en charge rapide (ils sont bien plus aimables que quand tu viens pour des douleurs d’endométriose ou autres problèmes de PMA…), 1 couple avant nous qui est complètement flippé a envie de bavardé, nous demande où j’en suis. Elle, elle attend pour se faire déclencher, 3 semaines avant terme, car bébé estimé à 5 kilos à la naissance !! Pour la petite histoire, elle n’accouchera que le lendemain à 22h !
La sage femme nous dit que le travail commence, le monitoring est ok, bébé bouge moins mais c’est normal, il n’a plus beaucoup de place.
Je demande à essayer d’aller le plus loin possible dans le travail sans péridurale. Mon choix est respecté, on m’installe dans une chambre avec ballon et douche à disposition.
Vers 14h30, les contractions deviennent intolérables, je ne pensais pas qu’au delà de la douleur que je pensais à son paroxysme, il puisse exister une douleur un cran supérieur… 1 contraction toutes les minutes sans répit possible entre chaque auront eu raison de mes envies d’accouchement nature !! Je suis dilatée alors à 3 cm, je n’irai jamais au delà…

On m’installe très rapidement en salle de naissance, l’anesthésiste arrive très vite également, on me pose la péri, le soulagement est quasi immédiat (contre les 30 minutes initialement annoncées). Je suis contente de constater que je continue à ressentir les contractions à minima. Mais à peine une demie heure plus tard, la sage femme revient, me dit qu’il faut que je change de position. Le cœur du bébé s’affaiblit à chaque contraction … durant les heures suivantes, je changerai de position un nombre incalculable de fois, on me demandera même de me mettre ventre face à la table avec le cul en l’air face à la porte d’entrée de la salle d’accouchement !! SO SEXY !! Mais si c’est pour le bien du bébé, je suis prête à me mettre la tête en bas !

On me propose alors de faire des tests de pH. C’est un petit prélèvement sanguin qui est réalisé à travers le col sur le crâne du bébé afin de déterminer s’il a suffisamment de réserve pour essayer d’accoucher par voie basse. Les résultats sont bons, mais on découvre alors que mon col est oedématié et qu’il stagne à 3 cm… Le col est trop mou, bébé ne pousse pas assez sur le col pour faire évoluer le travail, l’usage des ocytocines est fortement déconseillé sur un cœur fragilisé…  à 19h, je fais de la fièvre, on me mettra sous antibiotiques (après avoir mis en doute la véracité de mes propos mais j’y reviendrai un jour où je parlerai de la péridurale). On me prépare doucement mais sûrement à l’idée de la césarienne puis à 20h (on nous aura laissé 5h la chance de voir aboutir cette grossesse par voie basse), l’urgence est déclarée, il faut partir immédiatement en salle d’opération.

Nino se retrouve déguisé en Schtroumpf, il aura la possibilité d’assister à la césarienne (derrière les draps de chirurgie évidemment et sera près de moi). Tout va très vite, la péridurale étant déjà en place, il leur suffit juste d’injecter une dose supplémentaire d’anesthésie. Je « sentirai » tout, sans douleur, mais les mains dans les boyaux et « l’arrachement » de bébé seront ressentis.
Je n’entends pas Samuel pleurer (je m’inquiète), on me le présente rapidement pour un bisou. Ses lèvres sont violettes (l’inquiétude monte encore) mais je ne comprends rien, je suis trop shootée pour réaliser, je me dis juste que quand mes lèvres touchent son visage, ses joues sont toutes molles. On l’emmène rapidement loin de nous.

Il a inhalé du liquide amniotique et celui ci est méconial, c’est à dire qu’il a commencé à faire caca dans le liquide ce qui est signe de grande souffrance.
Son APGAR n’est qu’à 1 et ne remontera qu’à 6 à 5 minutes puis à 7 à 10 min. Il sera alors aspiré et mis sous oxygène à l’aide d’un petit masque. Je ne réaliserai que le surlendemain (merci maman de m’avoir dit : « mais l’APGAR c’est pas 10 normalement à la naissance !? ») que dame nature la pute aurait pu nous enlever prématurément notre bonheur naissant.

Je vous narrerai la suite plus tard.

J’aurai pu vriller grave avec la chute hormonale, heureusement j’ai été très entourée par mon Nino qui a été d’une force psychologique à toute épreuve.

Samuel va bien aujourd’hui et c’est l’essentiel. Il a un regard très éveillé, mais je resterai vigilante sur ses premières acquisitions. La peur ne fait plus partie du quotidien mais les premiers jours ont été vraiment très difficiles émotionnellement.

A bientôt pour la suite.

J 67 En route pour la dernière ligne droite

La semaine dernière avait lieu la dernière écho. Pas d’évènement notoire qui soit intéressant à raconter. Tout va parfaitement bien et bébé a déjà la tête en bas (pourvu que cela reste ainsi jusqu’au jour J).

Avait lieu le même jour la consultation avec le gynécologue. La consultation commence toujours avec la même question : « Comment allez vous ? » avec un rapide regard sur ce ventre que je n’arrive toujours pas à conscientiser. Je comprends maintenant ces gens qui après avoir perdu plusieurs 10 aines de kilos se voient toujours aussi gros qu’avant. Moi c’est plutôt l’inverse… Je me vois bien bien plus mince que ce que je ne suis en réalité. Mais un regard rapide dans un miroir ou une vitrine et je me rends compte de l’énormité de mon ventre !

J’avais, dans l’idéal, envie d’aller jusqu’au « bout », à savoir jusqu’à la date du congé maternité. J’avoue par simple fierté de pouvoir dire : « certes, j’ai eu de nombreuses absences au boulot par le passé (douleurs endométrioses, interventions, parcours PMA) mais maintenant, je suis là et je m’en sens capable ».

Nous avions prévu 2 semaines de vacances, d’une part pour commencer à installer la chambre de bébé mais aussi pour prendre un peu de repos avant les 2 dernières semaines avant le congé mat. Et puis ma dernière semaine de travail ne s’est pas bien passée du tout. Beaucoup de travail, beaucoup de pression. Quand on bosse dans « l’humain », il n’est pas facile de gérer les comportements des uns et des autres.

La première difficulté, c’est le rapport aux collègues. A l’arrivée dans mon nouveau service, en février, tout se passait bien. J’avais des collègues bienveillantes, qui me « forçaient » à prendre soins de moi (prendre mon heure de grossesse, m’invitant à m’assoir de temps à autre ou d’aller déjeuner pas trop tard). Cela a duré 2 semaines car ensuite, il y a eu l’arrivée de Z. Collègue de mon ancien service avec qui j’avais un passé houleux. Elle devait faire 2 semaines d’observation. A ce jour, je crois qu’elle est encore dans le service. Nous parlions de respect avec Jeanne sur le précédent article. Typiquement, cette nana n’en a pas. Je suis tombée une fois sur l’émission toute naze de W9 « la villa des célibataires, des coeurs brisés » ou de je ne sais quoi encore. Elle a le verbe fleuri comme dans cette émission que j’ai vite zappée, capable de presque m’insulter devant les patients. Ça la fiche bien… Très professionnel tout ça. De quoi alimenter grandement les : « imagine la gueule du labo ».

Impossible de la faire taire alors que je lui demande à plusieurs reprises que si elle souhaite avoir cette conversation, qu’on le fasse ailleurs qu’à l’accueil devant les patients. Elle poursuit. Je finis par craquer, littéralement… Je quitte mon poste pour monter dans le bureau de la cadre car la situation devient ingérable, appelle l’ascenseur qui n’arrive pas, décide de monter les 3 étages à pieds, manque de faire un malaise devant le bureau… Il est alors presque décidé que je ne reviendrai pas à l’issu de mes vacances car j’ai le droit au congé pathologique.

Je reprends mon poste après avoir été confrontée à elle devant médiateur. Je ne sais pas ce qu’elle faisait (surement sur son portable à regarder FB comme il m’est déjà arrivé de la surprendre) mais tous les patients attribués à son box venait me voir en disant qu’ils avaient plus d’une heure de retard, avec RDV à suivre ou médicaments importants à prendre ensuite (retard indépendant de la durée de l’entretien devant la cadre). Moi impuissante quant à leur colère, ne pouvant pas leur dire : « ma collègue est une branleuse, désolée, je ne peux rien faire pour vous », j’accuse leur colère légitime, essaie de garder mon sourire le plus accueillant et compréhensif possible et fini par craquer une seconde fois devant une patiente que je connais très bien qui a finalement pris ma défense devant ces patients impatients qui venaient me demander toutes les 5 minutes quand est ce qu’était leur tour.

J’en parle avec d’anciennes collègues dont une me dit : « évoque au gynéco que tu as des contractions même si ce n’est pas le cas ». Pour moi il n’en est pas question. Pas envie d’avoir à subir une surveillance dont je n’ai pas besoin. Et puis quoi, je pense que la pression psychologique est un bon argument à l’arrêt de travail également.

Je prépare alors mon discours, que je n’aurai pas besoin de sortir, puisque le gynécologue avait déjà sorti l’arrêt de travail et devant mon scepticisme à vouloir le prendre il me dit : « prenez le, je ne suis pas une femme mais vous avez toutes les raisons pour que cela devienne difficile pour vous avec ce gros ventre qui prend de la place. Dans certains pays, vous seriez arrêtée depuis un bon moment ». Oh un docteur compréhensif. Que ça fait du bien !

Finalement, cela chemine dans ma tête, même si j’ai l’impression de quitter le service encore sur un échec. Mon premier service, j’avais dû le quitter à cause de l’endométriose qui n’a été diagnostiquée que 1 an et demi après les premiers vrais symptômes, le second je l’ai quitté à cause d’un pré burnout du fait de la PMA, de l’incapacité de mes collègues à comprendre mes absences répétées et de la fatigue me submergeant de plus en plus et là je quitte ce service pour certes une très bonne raison initialement, mais j’aurai souhaité qu’il n’y ait pas cette altercation avant mon départ et pouvoir poursuivre les 2 dernières semaines.

J’appelle la cadre pour la prévenir de mon arrêt. Elle me répond : « ha bon ? Il vous a arrêté ? » et conclue en me disant : « Pensez à bien envoyer votre arrêt maladie, au revoir ». Rien de plus. Pas un seul mot bienveillant. Bref, nous sommes des pions dans cette institution publique…

Alors je profite de ce congé car finalement, depuis une semaine, des douleurs ligamentaires me font souffrir le martyr et des douleurs sur le col sont apparues. Pas de contractions ouf ! Mais impossible de me projeter vers une reprise du travail, donc c’est une très bonne chose !

Ce congé un peu anticipé signe pour moi la fin proche du voyage, un voyage qui aura eu le mérite d’être plutôt confortable, presque de la 1 ère classe !

Je continue de penser à vous toutes qui poursuivez vaillamment votre route vers vos projets personnels quels qu’ils soient. Je vous embrasse bien tendrement.

Prenez soins de vous, personne ne le fera à votre place.